Danielle Richard

Auteure-compositeure, femme du XXI siècle

Catégorie : Mon cahier noirci

L’élan vers l’autre

Pastel gras dessiné par Danielle Richard

L’élan vers l’autre

Tout geste posé vers l’autre est un élan d’amour.  Tout geste est posé par besoin de communiquer l’intime émergence d’amour qui émane de l’être.  Une forme d’invitation à la solidarité.  Vaincre l’impuissance face à l’isolement des fausses solitudes.  Ainsi soigner les attentes et les atteintes de nos intimes souffrances.

Tout geste posé vers l’autre est une impression persistante qu’une conscience nous relie tous à tout moment.  Une connaissance innée nous observant par dessus l’épaule, nous épaulant dans nos efforts à transmettre toute fluide idée du moment.

Et c’est à ce moment que mon « je » expérimente le sentiment de faire parti d’un tout.  Le « nous » qui sommes tous une racine de ce « je ».  Et c’est à partir de ce moment que je te propose l’idée qu’on peut prendre soins du « tout » à partir du « je ».   À partir de notre responsabilité individuelle à prendre soins du lieu source.  À partir de notre responsabilité à soigner le bien-être du « je ».  Soigner son équilibre, en stimuler le potentiel de sa créativité rayonnante.

Pour ma part, transmettre mes idées par écrit me sert à matérialiser dans le monde les perceptions que nous possédons tous déjà à la source même de nos voyages incarnés.  Écrire noir sur blanc ce que plusieurs d’entre-nous expérimentons déjà.  Le nommer pour laisser l’expérience se répandre et prendre racine plus loin.  Réfléchir, discuter.  Se faire miroir.

Une mémoire s’éveille, s’étire doucement, s’articule dans nos vies.  Transforme peu à peu notre manière d’oeuvrer dans le monde, nos métiers, notre culture, notre façon d’accompagner nos enfants.  Nos croyances se transforment, se questionnent, deviennent créatives et changent.  Quelle belle époque de grands changements!  Tous ces terreaux fertiles communs sur lesquels expérimenter nos humanités, nos apprentissages.  Affrontant les dualités de l’ancien monde et la cruauté des solutions qu’il propose.  Nous le questionnons sérieusement, agissons autrement en réponse.   Réaction, réflexion, action.

T’écrire, humblement.  Partager ma réflexion sur l’autre versant des choses devient mon symbol d’espoir.  Dans le jeu de l’auteure, je me poste en grande exploratrice à travers « mes cahiers noirci » qui se succèdent de plus en plus vite sous la valse de la mine que parfois je te re-transcris ici.

Mais surtout, le plaisir de transformer ces mots en chansons et prendre le temps d’aller te les chanter aux soirs de concerts.  Fraterniser, en jaser et s’amuser ensemble à refaire le monde.  Puisque notre existence ici  même est un beau carré de sable à partir duquel on est invité à créer.

Changeantes

Aquarelle sèche de Danielle Richard

Changeantes

Étrangeté de mon corps qui change
Quitte la forme ronde de l’innocence
Qu’enfant on attribuait à l’ange

Passée la ronde forme femme
Qui détournait le regard du désir
La cape fluide enfin se referme

Sous l’élégance de la grâce fin
L’expérience fortune se raffine
De tout geste approprié à l’instant

La lenteur défile les jours tranquilles
Les ambitions se déposent lentement
Sur le regard jeté derrière l’épaule

Qu’ai-je semé pendant tout ce temps
Que du vent n’était-ce pas tant
Et pourtant je me sens pleine

Je déborde d’envie de partage
Mais mon corps me défie, se rebelle
Crie toutes ses douleurs nouvelles

Même dans mes insomnies me boude
Paralysant mes élans fougues
Aux heures productives d’avant

Comme un jardin qu’on redonne à la nature
Mon instinct redevient sauvage
Entêté, mêlé telle une vraie mule

Insouciante des froissants ravages
Je n’ai plus le coeur à piler sur le mien
Pour satisfaire les caprices des faibles

Dans mon épicentre s’érige la déesse
Droite, solide et puissante
De toutes les femmes de l’histoire

En son coeur tout l’amour de la sagesse
De reconnaître l’enfant univers
Même s’il s’entête au pouvoir et la guerre

Stable mon centre berçant à la transe
De la spirale éternelle de toute chose
De la mère-terre à la racine de l’être

Veillant à l’éveil de la conscience
À nos mémoires enfouies profondes
Libres penseurs de l’entier monde.

Noble Muse

Noble Nuit Blanche dans toute sa Grace

C’est toujours le même rituel qui semble s’imposer de lui-même.  La journée terminée, le calme revient déposer l’espace pour le recueillement. C’est le moment où les chandelles caressent doucement le duvet de la noirceur ambiante.

Le silence des dormeurs autour de moi m’éveillent à cette autre femme qui m’habite. Celle qui n’a plus à veiller sur personne, qui n’a plus à planifier ou organiser rien. Celle qui peut enfin être l’être. S’ouvrant à son instinct, sensible sans censure.

C’est à ce moment précis qu’elle venait à moi.  Féminine féline qui semblait toujours comprendre tout.  Elle montait s’asseoir devant moi et mon cahier noirci, veilleuse noble vêtue de son immaculé robe.  Nuit Blanche.  Me fixant de son âme profonde et du coup, confirmant notre lien de conscience avec l’univers.

 

Lignes de plumes à personnalités multiples

L’humour, c’est la santé.  Compte tenu qu’on a tous nos enjeux a surmonter.  Les limitations qu’on s’impose face à l’adversité à toujours moins d’emprise sur soi quand on fait le choix de rire de la situation.  Grâce à l’humour, on peut plus facilement s’appliquer à voir nos limitations et chercher les moyens de les dépasser.  Ne pas se prendre au sérieux dédramatise tout événement auquel on fait face sans pour autant exclure la possibilité de faire les choses sérieusement.  Et ce n’est pas parce qu’on s’applique à faire les choses sérieusement qu’on ne peux s’amuser et prendre plaisirs à les faire.

Laisser faire l’instinct.  Redécouvrir les plaisirs du jeu.

Je suis fasciné par les capacités du subconscient lorsqu’on laisse l’instinct reprendre les commandes.  Dans ces moments de grâce, j’ai l’impression d’avoir accès à une sagesse qui dépasse de loin mon expérience de la vie.

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Corneille dans ma main

Aujourd’hui,  j’ai pris le temps d’écouter l’amère résilience postillonner son acide jugement
Écumer de toute haine sa hargne Cracher sa colère de vieille vipère dame
Ironique gâteuse, la triste haineuse déversait dans mon écoute son mépris du monde d’aujourd’hui

Comme une corneille dans ma main venu déposer sa sèche complainte
Jusqu’à retrouver sa paix après une longue tempête

J’ai pris le temps d’accueilli dans l’humble respect
Parce que je ne sais pas ce que c’est que d’avoir expérimenté la vie 90 ans
Témoins des grandes guerres d’antan

Mes deux pieds moelleusement enracinés dans la sereine compassion d’aimer
À sa main j’ai offert un câlin de souplesse
À la mienne j’ai reçu un baisé en retour
Il ne lui a suffit que d’un simple trajet de tendresse
Pour que du regard moins dur et d’un pas plus léger
Elle puisse s’en aller continuer sa journée

Aux abords du vide, la nouveauté.

la nouveauté par l'automneLa nouveauté dans le contexte de la création d’une oeuvre est une zone riche d’expériences.  J’ai eu l’occasion de travailler avec des musiciens dans cet abîme aux abords du vide souvent.  Observant la réaction de chacun devant ce qu’on définit comme «syndrome de la page blanche».  Ce qui me permet de constater que nous rencontrons tous les mêmes états de conscience de soi dans le processus face à l’inconnu.  J’avoue que cela me réconforte et me donne le courage pour accueillir et grandir des différentes étapes du mal être que la nouveauté fait ressortir.

Pourquoi ne pas en profiter pour grandir justement?

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Calendrier lunaire

Le Calendrier lunaire

La vie est pleine, pleine
La vie est pleine comme la lune
Le calendrier lunaire
Pulse et respire sa vie
Sur les floraisons de ma terre

Sur nos vies aliénés
La lune courbe les femmes
Modifiant le tir des hommes
L’espace du temps se contracte

Et s’étire à nouveau
Pour se distendre sous la peau
Malgré nos touchers hésitants
Ponctuant l’attente
Sur nos soifs restantes

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